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19.11.2007

Qu'il se lève, le Héros hégélien.

« Pour celui qui pénètre la superficie des choses et transperce l’apparence bariolée des événements, …. l’histoire universelle a été la marche nécessaire et rationnelle de l’Esprit du Monde. »

L’Histoire est le produit de la Raison éternelle.

Cela sonne bien ; mais comment l’Esprit avance-t-il d’un pas aussi résolu ? Les Héros, les Grands Hommes sont ses mercenaires.

Animés par leur passion, ils consacrent leur énergie à réaliser ce qui de toute éternité devait être accompli, l’universel, un universel qu’ils ont puisé en eux, qui ne leur a pas été dicté ; comme si une lucidité supérieure les mettait en prise sur « l’universel en train de se produire, et qui s’accomplira à la prochaine étape. »

Alexandre, César, Napoléon agissent pour leur satisfaction propre, non guidés par un sentiment altruiste ; et ce faisant, ils sont les agents de l’Esprit universel, du processus en cours d’accomplissement.

Et comme chaque homme porte inconsciemment en lui l’Esprit en marche, il reconnaît dans le Héros celui qui réalise l’ouvre que sa volonté désirait, sans pouvoir l’exprimer.

«Je fais mes plans, avec les rêves de mes soldats endormis.» prononce Napoléon, le héros hégélien par excellence, « l’âme du Monde à cheval. » - âme seulement, car l’Esprit, à son tour, pourrait affirmer qu’il fait ses plans, non avec les rêves de soldats endormis, mais avec la passion active du Héros. Double ruse de l’Histoire, donc.

Si l’homme libre reconnaît les grandes personnalités, il n’en n’est pas de même des jaloux ; ils dénoncent les passions du Héros comme des fautes, sans comprendre que ces passions sont les instruments de l’Esprit.

« C’est la psychologie des maîtres d’école » qui refuse de voir que le Héros réalise en même temps le but nécessaire à l’Esprit universel et le sien propre. Ne percevant que les conséquences immédiates des actes du Héros, elle accuse sa manie des grandeurs ou des conquêtes. Le professeur jugeant ainsi les grands hommes immoraux se déclarent ipso facto supérieurs à eux – et le tour est joué.

Ainsi, Goethe prétend « qu’il n’y a pas grands hommes pour son valet de chambre », Hegel lui répond, parce que celui-ci n’est qu’un valet – ce dont Goethe conviendra.

Mais le Héros n’est pas heureux – son but atteint, « il tombe comme une douille vide. » C’est d’une certaine manière le sort normal du mercenaire – même s’il travaille pour le compte de l’Esprit Universel, surtout, devrais-je dire.

Car cet Esprit est ingrat. Ou plutôt rusé. Il délègue pour agir à sa place les passions et les hommes de passion. Il les sacrifie à son but. « Le particulier est trop petit en face de l’Universel ». César meurt mais au-delà de son destin, il a fait avancer l’Histoire dans sa marche …. comment dire ? Nécessaire et rationnelle.

Hegel cite Alexandre, César, Napoléon. Alors, oui, à mon tour de poser la question que tous attendent en fin de ce texte. Où est-il le héros hégélien de notre époque ?!

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