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09.02.2008

Que c'est beau de l'air - qui souffle sur le terrain

Baudelaire haïssait le mouvement qui déplace les lignes ; gageons qu’il eut aimé le mouvement qui déplace les lignes de trois-quarts – et qu’il se fut réjoui du départ de Laporte et de l’arrivée de Lièvremont.

« Bernie le dingue » adorait le rugby, mais de même qu’il est plusieurs demeures dans la maison du Maître, il est plusieurs rugbys sous le ciel d’Ovalie.

Testostérone et rigueur : raillant le « french flair », le « kaiser », autre surnom à lui donné par ses joueurs, a figuré pendant huit ans l’entraîneur idéal d’une équipe d’Allemagne imaginaire.

Des matchs furent gagnés, des victoires prestigieuses remportées, l’essentiel était en voie d’être perdu : un rugby d’aventure efficace, adapté à notre génie.

Bridé dans son tempérament, Michalak joua de plus en plus mal, jusqu’à passer une grande partie de la Coupe du Monde sur le banc des remplaçants, dont il sortit pour deux exploits nous apportant la victoire contre l’Irlande et la Nouvelle Zélande. Il échangea un poste de titulaire contre un rôle « d’impact player » !

Lièvremont vint. Ancien troisième ligne de devoir, il repeint le jeu au bleu de France qui a, par la malheureuse décision de Nike, disparu des maillots, remplacé par un lugubre bleu … de Prusse.

Nietzsche eut apprécié la métamorphose : les robustes chameaux qui supportaient avec courage les plus pesants fardeaux se muent en une bande d’enfants au pied léger qui renouent avec le plaisir du jeu et de la création.

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