« Grande Crise ou Grand Soir | Page d'accueil | L'Europe, Espoir du Monde futur »
26.11.2008
La Crise financière 2008 : explication intelligente-enfin
Marx, Max Weber, Fernand Braudel, Keynes, ils sont venus, ils sont tous là, appelés à la rescousse pour nous expliquer la crise.
En accord avec Braudel, éliminons Weber, et son éthique de faux-cul protestant, visant à nous cacher la réalité du capitalisme.
F Braudel nous la révèle, cette vérité. Le capitalisme ? Une sorte de vampire, superstructure se greffant sur l’économie de marché, et s’en nourrissant. Son but : le maximum de profit avec le minimum de risque – ce qui, reconnaissons-le n’est point bête ; à cet effet, il s’exonère des lois de la concurrence, allonge la chaîne du producteur au consommateur, crée de l’opacité, utilise les techniques financières les plus modernes.
Les subprimes ne constituent donc pas une aberration de banquiers assoiffés d’argent mais représentent l’essence même du capitalisme, en sont le nec plus ultra.
La crise, alors ? Keynes nous dirait qu’elle est causée par une situation de sur-liquidité, trouvant sa source dans l’énorme excédent commercial de la Chine, lequel, converti en dollars, irrigue le système bancaire américain d’un flux de capitaux avec lequel il octroie généreusement – si l’on puis dire -, les prêts subprimes à des catégories de population habituellement délaissées en raison de leurs faibles revenus.
Synthétisons, une sous-consommation chinoise finance une sur-consommation américaine, par le biais de l’excédent commercial qu’elle engendre.
Cette sur-liquidité entraîna une forte inflation, non pas des prix, mais des actifs boursiers et immobiliers jusqu’à ce que, trop étant trop, et les arbres ne grimpant pas au ciel, le processus s’arrête – souvent pour une raison mineure. « Plus dure sera la chute » : la baisse s’avère toujours plus violente et brutale que la hausse qui l’a précédé et s’est déroulée sur une longue période.
Keynes nous expliquerait que la propagation rapide et dramatique à l’ensemble de l’économie est due à la perte de confiance des agents économiques – le premier, il mit en valeur ce facteur essentiel, la confiance. Faute d’elle, l’effet richesse disparu, la peur domine, d’où un phénomène de rétraction généralisée, tarissement du crédit, chute de la consommation, des ventes, des investissements ; le cercle vicieux classique.
La crise a provoqué les effets des « bonnes guerres » d’antan ; quand les biens immobiliers et les actifs boursiers perdent autant de valeur, c’est comme s’ils avaient subi des bombardements détruisant usines et maisons.
Comment en sortir ? Moralisons, régulons, réformons Bretton Woods, pourquoi pas, quelques rafistolages seront utiles. Mais n’oublions pas que cette crise est la nième depuis celle des tulipes au XVIIe, et que la spéculation est au cœur du capitalisme, spéculation que Giscard expliquait un dimanche matin par le désir de gagner beaucoup d’argent, vite, sans effort, et si possible sans risque – Giscard en l’occurrence mieux inspiré que lorsqu’il voulait graver dans le marbre de la Constitution européenne, heureusement rejetée par les français, la loi de la concurrence libre et non faussée.
Ne nous illusionnons donc pas sur des régulations que des armées de juristes et financiers bien payés s’évertuerons – si je puis dire – à biaiser.
Revenons plutôt à l’origine de la crise, la pompe à fiances alimentée par le déséquilibre né de la sous-consommation chinoise et de la sur-consommation américaine.
Les programmes d’inspiration keynésienne envisagés des deux côtés du Pacifique semblent aller dans le bon sens. La Chine annonce sa résolution à développer son marché intérieur, Obama entend restaurer la confiance aux Etats-Unis.
Se tourner vers son marché intérieur, signifie que la Chine entend créer les infrastructures d’un pays industriel moderne, routes, ponts, chemins de fer, hôpitaux, …. S’engageant dans la voie suivie par les pays européens lors de leur révolution industrielle, la Chine cessera d’être « l’atelier du monde » et d’engranger des excédents commerciaux aussi considérables qu’aujourd’hui. Lesquels excédents ne seront plus convertis en dollars mais mobilisés pour financer ce processus. Une politique de grands travaux sera créatrice d’emplois qualifiés, mieux rémunérés. L’écart de salaires entre la Chine, l’Europe et les EU se résorbera lentement.
Obama va reconstruire les infrastructures défaillantes des EU, des ponts qui menacent de s’écrouler, des rues de stock-cars, ….Curieuse symétrie de programmes entre la Chine, pays neuf, et les EU, pays en ruines ! Agissant ainsi, les EU créeront des emplois non inflationnistes car producteurs de biens réels, tout en réinsufflant du dynamisme et donc de la confiance. Si de plus, Obama met en place un système de protection médicale plus généreux et réussit à sauver l’industrie automobile américaine, il améliorera le pouvoir d’achat sans pour autant relancer une consommation inflationniste.
15:00 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, économie, finance, politique, krach, keynes, marx



Ecrire un commentaire