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31/01/2010

Anar de droite

J'ai une culture profonde de l'indiscipline, vécue dans le monde binaire des années cinquante et soixante. La règle était « pas vu, pas pris », la sanction, implicitement admise. Petits garçons, nous jouions aux gendarmes et aux voleurs, tout le monde voulait être voleur ; au collège, nous chahutions et fumions en cachette – c’est presque le seul moment de ma vie où j’ai fumé. J'ai passé une partie de mes jeudi et dimanche en retenue ; je séchais les cours et empruntais des « Solex » dans le garage du lycée pour me balader en ville ; j'ai été renvoyé ; je copiais au baccalauréat, voyageais en train sans billet, faisais des chèques sans provision : divertissements asociaux où le risque quelquefois réel était le plus souvent celui du ridicule. Les voyous m'attiraient davantage que les premiers de la classe.

Alors tu devrais être de gauche ? Eh non, camarade. Seule une société sûre d’elle tolère en son sein des trublions. A la limite, elle les recherche car ils lui apportent la fantaisie, l’originalité qui lui manque. A condition qu’ils restent peu nombreux et, de ce fait, ne la remettent pas en cause. A condition aussi que le trublion, non pas s’assagisse, mais soit subtil, sente certaines limites. Et s’il les franchit, qu’il le fasse avec élégance. Et sinon, qu’il accepte la sanction. C’est le jeu.

L’anarchiste de droite ne cherche pas l’originalité en-dehors de soi ; il n’attend pas de la société qu’elle l’entraîne dans un maelström d’idées, dans un tourbillon de créativité.

Originalité, foisonnement intellectuel, fantaisies sont en lui. Il s’épanouit dans la société ordonnée, la seule favorable aux individus.

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