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13/02/2010

Week-end amoureux

Une longue silhouette brune traverse d’un pas hardi la place du Marché à Neuchâtel. Un homme l’accompagne. Fin d’un long week-end à Prague ; « on a conduit vite, bonhomme ». Le couple a réservé une chambre sous les toits. Délicieux contraste après le luxe du Palace. La jeune femme s’asseoit sur le lit, tends les mains à l’homme et parle. A-t-elle tant appris en trois jours, qu’elle éprouve ce besoin de lui parler, lui asséner ses vérités, « uniquement, pour son bien » ?

Sur fond de slibowice, se télescopent intonations moqueuses, rieuses, graves et tendres, des mots durs et des gestes amoureux, les paroles qui heurtent et les tendres lèvres qui apaisent.

« Je t’en prie, ne pleure pas, écoute-moi », implore-t-elle l’homme qui, tendu, tremble ; il sourit, boit, l’alcool de prune les éclabousse, s’amuse d’une bouche à l’autre.

Ils s’embrassent, se caressent, les nerfs à vif s’affolent dans une dernière étreinte, inespérée, « ma bonne étoile » songe l’homme. Il aime la fraîcheur enfantine de la jeune femme dans l'amour où, guillerettes, ses hardiesses ne sont jamais impudiques. Il aime la joliesse de ses joues rondes, charmant rappel de l'adolescence dans un visage mince, la douceur de ses lèvres, la lèvre inférieure surtout, si tendre à embrasser dans son mol abandon. Un sourire illumine le visage féminin, « seulement quand je suis heureuse ».

Ils n’ont pas pris de précaution. Elle s’inquiète d’une grossesse éventuelle ; il la rassure, à sa manière, « je tiendrais le rôle de père pendant cinq, six ans ; après tu épouserais un garçon de ton age, et moi, je me transformerais en grand-père. »

Est-ce l’apothéose de leur histoire s’interroge-t-il ?

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