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24/03/2010

Colbert : le capitalisme d'Etat

Colbert, un type antipathique qui a mené une grande politique.

A la fin de sa vie, il est plus riche que Richelieu et Mazarin réunis, a placé ses proches à des postes importants, s’est débarrassé de Fouquet embastillé à vie. Mais il a crée l’Etat français, fondé l’industrie moderne, financé les guerres de Louis XIV en maîtrisant la dette (les guerres coûtant dix fois plus que de la construction de Versailles).

Il met en place le réseau des intendants, réorganise les Provinces ; le Roi administre le Royaume depuis Versailles, obligeant la Noblesse à s’installer près de lui : la réaction nobiliaire qui, lors de la Fronde, avait tenté de soumettre le Roi à la noblesse est vaincue. Colbert aurait pu prononcer la phrase que Louis XIV n’a pas dite : l’Etat, c’est moi.

Bénéficiant de la confiance et du temps que lui accorde le Roi, il se consacre à sa tâche, moderniser et enrichir la France. Il jette les bases de l’industrie française en créant les Manufactures Royales, Saint-Gobain, par exemple, où travaillent des centaines d’ouvriers organisés en corporations, dont le rôle est de veiller à la qualité constante de la fabrication. Il développe un réseau d’infrastructures, routière et sur l’eau (le canal du Midi), favorise l’essor de la marine de guerre et marchande française qui devient la première du Monde – ce qui n’aura qu’un temps.

Comme tout le monde à son époque, il est mercantiliste, c’est-à-dire qu’il mesure la puissance d’un Etat à la quantité d’or qu’il possède – or, en l’occurrence nécessaire au financement des guerres. Le protectionnisme dont on l’accuse postérieurement n’est pour lui qu’un moyen non une doctrine.

D’ailleurs, vous l’aurez compris, Colbert n’est pas un idéologue.


Aujourd’hui que la guerre est économique, comment s’en inspirer ?

Comme toujours, en temps de guerre, en définissant des objectifs, une stratégie, les moyens nécessaires pour la mettre en œuvre.

La France est la cinquième économie mondiale, la quatrième terre d'accueil des investissements étrangers, le cinquième exportateur mondial, le second pays européen en dynamisme démographique. Par ailleurs, elle compte huit millions de pauvres, chômeurs, érémistes et smicards confondus,

- En s’affranchissant des tabous érigés par la pensée économique dominante. Depuis la conversation socialiste en 1983 à l’économie de marché, droite et gauche confondues, s’évertue à donner des gages à la doctrine libérale : « plus libéral que moi, tu meurs ». Or, le véritable libéralisme, c’est comme la boxe qui ne peut se pratiquer qu’avec un arbitre et des cordes.

- Avoir une ligne directrice, parier sur l’intelligence (« vaste programme » eut pu s’exclamer le Général).

- Restaurer l’Etat. En s’exonérant de déclarations tapageuses et d’annonces provocatrices. En négociant avec les fonctionnaires sur la base d’un marché : être mieux payé, accepter d’être noté sur les résultats – cela valant pour l’Education Nationale.

- Pratiquer un patriotisme économique intelligent, efficace donc discret, détaché du tapage médiatique. Sans se tromper de bataille : les entreprises françaises rachètent plus de firmes étrangères que l’inverse.

- Parier sur l’intelligence n’est pas un slogan : le budget de la recherche doit être considérablement augmenté, l’Université rénovée. Les moyens financiers existent, des arbitrages s’imposent.

- Travailler plus, abandonner les 35 heures, néfastes pour l’économie.

- S’appuyer sur les corps intermédiaires, comme Colbert sur les corporations. Ainsi, favoriser les syndicats avec lesquels il faudra négocier.

- Europe : s’ouvrir des capacités supérieures, déficit, inflation, sans fanfaronnades inutiles.

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