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30/04/2010

Le temps et l'infini jouent au hasard

 

- C’est une belle histoire, le chat quantique. Comment dire ? Je ne suis pas assez fort en maths pour tout comprendre, mais j'ai l'impression d'être chez moi dans la théorie quantique. Au lieu du déterminisme, elle privilégie l'incertitude, les probabilités. Cela me convient. Plutôt que d’associer l’idée de récompense au talent ou au travail, j’aime croire à la chance, à une sorte de grâce païenne distribuée au hasard, pour le plaisir de choquer les besogneux, par un Dieu quantique immoral et rigolo. Un Dieu qui ressemblerait au Rabelais de l’Abbaye de Thélème, et ferait hurler Einstein qui n’admettait pas que le « Vieux joue aux dés ».

- Comme d’habitude tu vas encore parler de toi! C’est l’histoire du chat que je te demande de me raconter. Tu as déjà oublié? A moins que tu n’en sois pas capable!

- N’ais pas peur. C’est facile. Tu vas comprendre. Le chat quantique, c’est comme la femme. Tu te souviens peut-être d’une chanson dont le refrain était « Tu veux ou tu veux pas? » C’était idiot ; en réalité la femme, elle veut et elle veut pas, simultanément. Comme le chat, à la différence que lui, il est mort et vivant à la fois. To be or not to be! C’est plus tragique.

- C’est toi, qui es en train de devenir tragique ; tragique et ridicule. Avec ce genre de comparaison tu ne fais même pas macho, mais ringard. Ce n’est pas comme ça que tu vas séduire les jeunes femmes.

- Laisse-moi continuer, s’il te plait. Schrödinger a imaginé l’expérience virtuelle du chat pour illustrer combien la mécanique quantique heurtait nos convictions. Dans une boîte opaque, il suppose que l’on enferme un chat avec une fiole de poison volatil, un marteau et un atome. Et on excite l’atome. Si l’atome est brisé, ses fragments déclenchent un dispositif qui libère le marteau qui tombe sur la fiole qui se brise ; le poison s’échappe, le chaton ...

Il est bien tard. La Tour Eiffel et moi sommes éteints - et je ne suis pas sûr de briller à nouveau demain. Le dernier verre (qui n’était pas le troisième!) a fait des dégâts. Je secoue la tête, comme si j’allais ainsi remettre en place mes neurones. Deux ou trois connections se rétablissent ; je me hâte d’en finir.

- Dans la vraie vie, l’atome se briserait ou pas, le chat serait empoisonné ou non. Dans le monde quantique, on ne sait pas. Tant que la boîte reste fermée, le chat est à la fois mort et vivant. C’est un observateur qui casse l’incertitude : au moment où il soulève le couvercle de la boîte, le chat sort de son état indéterminé : il est mort ou vivant. Un peu comme si un badaud déterminait quelle direction allait prendre le promeneur qu’il regarde passer, quelles rencontres il allait faire. La théorie parle d’onde quantique, de superposition d’états, de résolution d’onde par l’observateur.

Par le fait, que dirais-tu si nous superposions nos états ?



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