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16/07/2010

Galanterie du trader

- Tu vois, ce n’est pas si mal les « bien en chair »!

- Et les maigres?

-Alors, là, tu es plutôt une bonne surprise. Les maigres, d’habitude, je m’en méfie. Ou bien, ils sont sportifs, genre coureur de fond, et ça n’en finit pas, ou bien, ils sont nerveux et à peine les secoue-t-on, qu’ils explosent comme un bouchon de champagne! Mais toi, tu es tendre, et tu as la peau douce, susurra-t-elle, en lui effleurant le torse.

Jean l’admettait, la soirée avait été agréable. Plus qu’escompté. Mais il fallait s’arracher à cette émolliente langueur - hors de question de dormir ici. Il s’étira :

- Et toi, tu as un corps très voluptueux, tu sais ; j’ai passé une jolie soirée avec lui, tout était parfait. Mais il faut que je parte maintenant, sinon, je n’en serais plus capable.

- Tu es bien raisonnable, beaucoup plus que tu ne le prétends. Tu peux rester si tu le souhaites, ça ne me dérange pas, au contraire. Mais sache que tu seras réveillé à sept heures moins le quart, c’est mon heure.

- Quelle horreur! Well, il vaut mieux que j’y aille. Je suis incapable de me lever avant huit heures, je suis un homme de la nuit, pas du matin, moi.

- Comme tu l’entends, mon coeur, toutefois, n’oublie pas de surveiller mes comptes ; demain, on attend le chiffre des ventes de détail US, le marché risque de bouger.

Bon, elle ne le retenait pas vraiment. Autant que lui, elle préférait éviter l’intimité du sommeil et la gêne du réveil. Jean observa Ghislaine : adossée à deux oreillers elle le regardait en souriant ; la tendresse cédait à une ironie complice. Qui était vainqueur? La réponse était-elle dans la question? Sans doute. S’il ne regrettait pas une seconde d’avoir couché avec elle, il ne lui serait jamais venu à l’idée de la séduire si elle n’avait été directeur financier de la Mutuelle YY. So ... Valérie avait raison rétrospectivement, il avait « couché » pour obtenir la gestion des capitaux de la belle Ghislaine. » Dommage que la hiérarchie de la Banque soit exclusivement masculine, s’amusa-t-il in petto.

Il fallait s’en aller de suite. « A une heure du mat, j’ai chaussé mes Nike et je me suis taillé en courant », fanfaronnerait-il auprès de ses copains extérieurs à la Banque ; en réalité, se rhabiller sous le regard attentif de Ghislaine le gênait, « elle veut en profiter jusqu’au bout » s’indignait-il. Il manquait de pratique. Rarement entré en conquérant dans une chambre à coucher féminine, il ne savait pas comment en sortir avec élégance quelques heures plus tard, la messe dite. Moins audacieux qu’il ne le laissait supposer, il avait été plus fidèle à ses deux femmes successives qu’il n’y semblait (avant la première, la jeunesse simplifiait tout, entre les deux, la facilité des années soixante dix gommait toute complication). Il opta pour la simplicité, enfila successivement slip, pantalon, chemise, chaussettes et chaussures. Il laissa pendre sa cravate autour de son cou, en fêtard, et jeta sa veste sur ses épaules.

Quand Ghislaine sortît nue de son lit, Jean espérât une prochaine nuit. Quand elle se pressa contre lui, il faillit succomber, «  quelle garce ! » A deux heures du matin, il martelait le trottoir avec gaieté en direction de sa berlinette.

 

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