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28/11/2010

Magie du baroque

Quand dans la nuit congolaise, pour la première fois de ma vie, j'écoute les concertos brandebourgeois, c'est à nouveau le même plaisir inattendu et immédiat. Renaissance, baroque, ces musiques me touchent directement, sans intercesseurs. Aucune éducation, aucun a priori ou snobisme ne m'ont préparé à les accueillir et les aimer ; elles entrent en résonance avec ma meilleure part, le cerveau et les nerfs, m’ouvrent l’accès à la vie raffinée à laquelle j'aspire, dont j'ai une inexplicable nostalgie, comme si, de toute éternité, elle aurait dû me revenir, à moins que ce ne soit la prescience étrange d'un univers qui m'attend. Toujours, je resterai fidèle à ces premières émotions : fils du peuple, ne suis-je spontanément attiré que par la vie de Cour et la frivolité de l'Ancien Régime? Mes goûts musicaux n'iront jamais au-delà de Mozart, à l'exception du jazz et de l'école française, Fauré, Ravel et Debussy, où je retrouve la même grâce délivrée de toute lourdeur sentimentale.

Et si, malheureusement, je ne reproduirai pas toujours dans ma vie et mes amours cette légèreté, je refuserai de larmoyer à l’unisson des lieders de Schubert. Metteur en scène, acteur et spectateur de ma sensibilité, j’aimerai jouer et me regarder jouer. Mes joies seront allègres comme une sonate de Scarlatti, mes nostalgies auront la fluidité grave de Fauré, mes douleurs l’élégant détachement de Ravel ; je modèlerai mes passions sur les madrigaux de Monteverdi, je vivrai mes désillusions, batailles, colères et pleurs au rythme d’une improvisation de Coltrane. Je n’atteindrai pas à tout coup ces hauteurs. Trop fréquemment à mon gré je ne pourrai éviter de patauger dans mes émotions et, quelquefois, d’en éclabousser mes proches ; mais le plus souvent j’échapperai à l’ennui, de tous les maux, le plus insupportable.

 

14:16 Publié dans Hussard | Lien permanent | Commentaires (0)

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