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07/12/2010

Magie de Noël

Le jeune garçon a sept ans. C’est la veille de Noël, dans un village bourguignon de l’immédiat après-guerre. Il sort de l’école où la directrice avait préparé un goûter pour lui, sa fille, dont il est amoureux, et son fils ; un chocolat et quelques gâteaux. Derrière-lui, la mairie, l’école, la placette qui sert de cour de récréation ; devant, de l’autre côté de la petite route qui traverse le village, l’Eglise et l’usine de son père.

Il est seul. Aucun éclairage, aucune circulation. A six heures du soir, l’obscurité est totale, le silence absolu.

Entouré d’un noir mystérieux, le jeune garçon est soudainement empli d’une joie profonde, une joie sans raison, inexprimable et inoubliable qui survivra sous les sédiments accumulés de la vie et en resurgira aux moments les plus inattendus. Annonce d’un monde merveilleux à venir qu’une fissure dans l’espace-temps lui aurait révélé?

Cette annonce, l’existence ne la confirmera pas toujours mais de cette joie naîtra ce que le jeune garçon appellera plus tard la confiance en son étoile, confiance qui jamais ne le quittera, quels que soient les avatars rencontrés.

Heureux, il court, ses sabots claquent sur le sol dur, il pousse les lourdes grilles de l’usine ; la maison est éclairée, ses parents l’attendent, l’embrassent.

Un an plus tard, il n’est plus le « millionnaire » pointé du doigt par les petits paysans, mais le fils d’un chômeur dans la grande ville. Un vent malicieux, aigre souvent, méchant parfois, a ennuagé l’horizon, dissipé la promesse des premiers matins.

 

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