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09/04/2011

Eugénisme actif, capitalistes lucides

Le processus de sélection des futurs champions de la Fondation 17 est timide car passif, insiste Antoine Caillereaux. Il faut pratiquer un eugénisme actif ; créer le nouveau sur-homme en accouplant les futurs champions aux jeunes têtes les mieux faîtes – et ceci au niveau mondial. L’Académie constitue le laboratoire où sera conçue cette nouvelle élite. Le brassage s’effectuera pendant les vacances scolaires d’été. Les élèves les plus brillants rejoindront les jeunes athlètes : pendant trois mois, ils vivront ensemble, isolés du monde, dans une totale mixité. La Nature fera le reste. Le château de Villars sera la Nouvelle Arche de Noé. 

AC ne déparerait pas le Conseil d’Administration d’une multinationale, commente Malarazzi. Aujourd’hui, aucun Krupp ne financerait un épigone d’Hitler ou de Mussolini. Le communisme a sombré et les multinationales dominent la planète. Le fascisme belliqueux n’est plus utile aux grands capitalistes. Leur prospérité est liée à la paix, tout juste quelques conflits locaux sont-ils les bienvenus. La seule guerre qui compte, celle de l’argent, ils la conduisent eux-mêmes, sans l’aide des boutefeux qu’ils se donnent le beau rôle de condamner. Pourtant, même s’ils aiment à se qualifier de « tueurs », leur guerre reste abstraite. Ils sacrifient des millions d’hommes, dont les moins résistants succombent, mais jamais ils ne voient le sang couler.

Comme ils sont lucides, c’est même leur qualité essentielle, la lucidité, ils savent qu’un jour les milliards d’intouchables qui, au pied des murailles, semblent n’avoir comme seule énergie que celle de se reproduire, rêveront de se soulever. Avec l’espoir de lendemains qui chantent, où la quantité l’emportera enfin sur la qualité, la masse sur l’élite. Ils savent donc, les capitalistes, que ce jour là, quand il « faudra tirer dans le tas », ils auront besoin des nouveaux fascistes qui ne dépareraient pas leurs conseils d’administration. C’est pourquoi ils les protégent en sous-main, pour « le jour où ». Caillereaux l’a parfaitement compris. D’où sa dangerosité.

 

12:04 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (0)

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