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26/04/2011

Sprezzatura

 

La facilité seule m’attire. Je dédaigne les laborieux « mouilleurs de maillot » qui mesurent le talent en litres de sueur ;  et si, lorsque la difficulté augmente, à notre tour nous mettons le nez dans le guidon, faisons croire que l’artisan essoufflé est un artiste inspiré. Encore faut-il, ma culture sportive me l’a appris, que la facilité ne masque pas l’incapacité intrinsèque à dépasser une performance vite atteinte, sans effort apparent, mais qui ne peut ensuite être améliorée. Quelque soit l’acharnement mis, l’excellence demeure inaccessible.

Je redoute chez moi cette sorte d’intelligence facile, insoucieuse de son efficience, qui s’enchante de ses prouesses, mais, sous prétexte de légèreté, rechigne à s’attaquer aux problèmes que seul résout un intense effort de concentration et non quelques jongleries ; qui donne l’illusion d’un potentiel élevé, jamais concrétisé

De cet inaccomplissement naîtraient doute et frustration si l’humour et l’ironie n’arrivaient à la rescousse. Ils nous persuadent que le manque d’envie seul, et non la peur de l’échec, nous a retenu d’étalonner nos talents. Ils travestissent notre pusillanimité en raffinement froissé par la trivialité du « struggle for life », en une lucidité qui décèle la vanité de toutes choses ; et du haut de cet élégant refuge en trompe-l’œil nous nous divertissons de ceux qui s’engluent dans la réalité.

Parce qu’ils me sont proches et que cette proximité m’agace, je reconnais ces champions de l’apparence chez qui l’esthétisme sert de paravent aux qualités manquant pour accéder aux podiums.

Et puis, loin au-dessus, les grands, Coppi, Bobet, Anquetil, Kopa, André Boniface, Killy. Chez eux la beauté n’est pas décorative ; fonctionnelle, elle les fait gagner. Je les admire. J’aspire à en faire mes modèles. A moi d’être mon propre Coppi. Alonsy alonso !

 

 

13:14 Publié dans Hussard | Lien permanent | Commentaires (0)

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