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29/04/2011

Un sport blanc qui gagne.

- Au dix-huitième siècle l’Europe constituait « une sorte de patrie des esprits supérieure aux patries terrestres ». C’est la seule période où l’on s’est dit « européen ». L’Europe peut renaître ; seul manque le ciment culturel. Bien sûr tu as deviné où j’allais arriver ?

- Au sport ? Excuse-moi, Vittorio, comme ciment culturel, cela me paraît un peu faible.

- Pour que le ciment prenne, il faut encore une chose, je suis d’accord. Dans l’histoire de l’Europe, il y a eu un tournant décisif au quatorzième siècle. Jusqu’alors, elle avait copié les deux grandes civilisations, la byzantine et l’arabo-andalouse ; les femmes se coiffaient avec un hennin, les hommes, chaussés de poulaines, paradaient en collants ajustés et pourpoints cintrés. Et puis, tout changeât, grâce sans doute à la révolution papale initiée par Grégoire VII. L’Europe repris confiance, cessât d’imiter, domina le Monde entier. Aujourd’hui, pour la première fois depuis des siècles, l’Europe doute, ne croit plus à sa supériorité.

- Tu imagines vraiment que le sport … ?

- Oui, Elizabeth, j’en suis convaincu. Le sport peut redonner sa fierté à l’Europe. A deux conditions : que ce soit un sport « blanc » et qu’il gagne. Contre le reste du Monde, Afrique, Asie, Islam, Etats-Unis.

- Si je te suis, tu prêches l’obscurantisme pour renouer avec les Lumières. Du « choc des civilisations », tu passes directement à la guerre des races. Cela ne te ressemble pas.

- Je veux redonner à deux cents millions de personnes la fierté de se proclamer européennes. Pour cela, il n’y a que le sport. Autour d’un stade, la fusion des émotions se fait plus vite que dans les musées ou les salles de concert ; les foules vibreront aux succès du futur grand sprinter blanc.

- Tu sembles perdre de vue que la France a battu le Brésil avec une équipe emmenée par Zidane, et …

- Je t’en prie, Elizabeth. Pas le mythe black blanc beur. Tout le monde sait que la France a acheté ce match. De plus, aujourd’hui à peine y-a-t-il un blanc ou deux pour faire de la figuration. C’est le système américain : un public blanc qui paie cher pour regarder des sportifs noirs. Lesquels servent d’alibi et de bonne conscience aux nantis et de modèle aux gosses de banlieue. Pour moi, voilà les jeux du cirque. Des spectateurs avachis et braillards, des mercenaires barbares et sur-alimentés.

- Barbares, tu n’exagérerais pas un peu trop ?

- Un civilisé n’est jamais qu’un barbare qui a réussi, nous en sommes la preuve. De fait, j’aimerais que les Africains jouent pour leur pays d’origine et non pour les anciennes puissances coloniales.

Pourquoi l’épithète « blanc » serait-il honteux ? Tu es blanche, je suis blanc, notre environnement l’est en immense majorité. Ce n’est pas déshonorant. Comment dire les choses ?

- La réponse est dans l’histoire, Vittorio. Nous avons conquis le Monde, c’est vrai et on nous reproche les excès de tout conquérant, en vrac, les Croisades, les Conquistadors, l’esclavagisme, le colonialisme. Ces excès sont inévitables, liés à toutes les actions humaines, et on peut les contrebalancer par des aspects positifs. Le point crucial le voici : seuls les blancs ont professé et mis en œuvre scientifiquement les théories racistes les plus monstrueuses. Là est notre faute rédhibitoire, le nazisme, les camps de concentration …

- Et le goulag !

- Si tu tiens au parallèle entre les deux, disons que le goulag a tué l’idéal communiste, le nazisme déshonoré la race blanche.

- Mais je déteste le nazisme tout autant que toi, et mon père a combattu le fascisme, s’insurgeait Vittorio. Sur beaucoup de points, j’admire de Gaulle : il déclarait, sans susciter de scandale  que l’Europe était « de race blanche, de civilisation gréco-latine et de religion catholique ».

10:43 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (0)

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