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27/02/2012

Vitesse

En un quart d’heure, Sergueï avait compris le fonctionnement de la Stratos, arrachant un compliment sincère à Vittorio à qui la maîtrise du monstre avait demandée plusieurs semaines. Dès qu’ils abordèrent les premières pentes, le sport commença. La Stratos bondissait d’un virage à un autre, dans un crissement de pneus ininterrompu et le hurlement des montées et descentes de régime du moteur ; les pieds de Sergueï dansaient sur les pédales, ses mains sur le volant, la droite, animée d’un mouvement vertical entre le volant et le levier de vitesses, paraissant donner la mesure de cette course furieuse. Autour d’eux, formes aiguisées et couleurs intenses composaient un paysage « au marteau » qu’aucune nuance ne voilait, qu’aucune courbe n’adoucissait. Dans l’air transparent, l’œil portait jusqu’au fond de l’Univers.
- Sa grande joie, prendre les épingles au frein à main !
Lancée à 160, la Stratos se jetait dans un virage en épingle ; à moins de cinquante centimètres de Vittario, le ravin ouvrait sa gueule de monstre s’apprêtant à happer sa proie – le fond de l’Univers s’était rapproché. A l’instant où il vît la voiture s’envoler par-dessus bord, amorçant une parabole qui se terminerait en fracas trois secondes et demie plus tard et cinquante mètres plus bas, Sergueï descendit les vitesses à la volée, talon-pointe, troisième, seconde, première, laissant son pied gauche appuyé sur la pédale de débrayage, braqua le volant de la seule main gauche, la droite tirant violemment le frein à main ; la voiture pivota en balayant la chaussée. Au moment précis où elle s’inscrivît à nouveau dans l’axe de la route, un dixième de seconde avant qu’elle ne s’écrase sur les rochers, Sergueï relâcha le pied gauche et enfonça le droit sur l’accélérateur : la Stratos se précipita vers le virage inférieur.

 

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