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02/05/2012

L'identité, l'immigration, Nietzsche et ... moi

 

Une Communauté regroupée autour des mêmes principes et croyances parait la mieux armée contre l’usure du temps. Adossés à des certitudes, assurés de leur identité, protégés du doute, ses membres forment un bloc homogène, au sein duquel ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. L’armée de tradition en a été un parfait exemple.

 

Pourtant, telle une famille se reproduisant sans éléments extérieurs, cette communauté est menacée par une sorte de consanguinité d’idée, de civilisation, de mœurs, … Elle se répète, s’abêtit, se sclérose. Elle perd la guerre en 1940. 

 

Son progrès dépend de sa capacité à assimiler, sans se détruire, des apports venant d’esprits moins structurées, flottants, plus sensibles. Beaucoup sont des songe-creux. D’autres plus féconds.  La dure discipline du groupe les rebute. Ouverts à des expériences multiples, des tentatives inédites, ils cherchent, trouvent de nouveaux chemins, attirent à eux des éléments stables. Ils entament la cohésion du groupe.

 

Par les blessures qu’ils infligent à la carapace en laquelle s’est peu à peu muée la peau souple qui protégeait la communauté sans l’isoler du monde, un élément neuf est inoculé. Cela peut faire craindre un affaiblissement, une dégénérescence.

 

Tout se joue alors. Un corps sain assimilera la nouveauté, même si elle dérange au premier abord ; il s’en enrichira, sans en être détruit. Combien d’exemples de champions, frappés dans leur jeunesse par une maladie ou un accident, qui ont surmonté leur handicap en se lançant avec énergie dans le sport, leurs qualités originelles leur permettant de supporter des heures d’entraînement intensif. Et Wilma Rudolph, paralysée par la poliomyélite durant son enfance deviendra en 1960 triple championne olympique sur cent mètres, deux cents mètres et relais quatre fois-cent et triple recordwoman du monde sur ces distances. D’une faiblesse momentanée nait une plus grande force.

 

Tant qu’elle fût vigoureuse, la noblesse française « redora son blason » avec des roturiers fortunés ; elle se maintînt sans perdre son identité. Une double assimilation se produisît. La noblesse incorpora et tourna à son avantage les idées nouvelles reçues ; les jeunes roturiers assimilèrent les valeurs de la classe à laquelle ils accédaient – et renforçaient. D’un ennui d’argent passager naquît un raffinement accru.

 

L’immigration remet en cause, par essence, l’identité d’une communauté. Par rapport à l’autochtone ancré dans sa filiation, l’étranger est en recherche, flottant. Le droit du sol peut être considéré comme la blessure par laquelle sont inoculés des valeurs extérieures au groupe. Des individus dont le seul mérite est d’être né en France de parents qui y ont émigré deviennent français sans être pénétrés des certitudes et croyances qui ont soudé notre pays.
La dégénérescence de l’identité française est-elle pour autant certaine ?

 

Comme les aristos redoraient leur blason, la France pourrait se « rebronzer », absorber une énergie nouvelle. Pourtant l’envie réciproque d’assimilation ne se manifeste pas. Au-delà des raisons communément avancées, celle réelle de l’éloignement des mœurs des uns et des autres, celle rabâchée du ghetto social, la plus pertinente me semble tenir à l’état du corps receveur, la France. Malmenée depuis des décennies par les repentants, les mondialistes, les décadentistes, les je m’en fichistes et autres autistes plus moins passéistes, elle a perdu sa vitalité, la confiance nécessaire pour mener cette opération. Elle subit sans avoir le courage d’accepter ou de refuser. Sans éclat, elle n’attire pas.

 

L’étranger ne vient plus que pour profiter des richesses d’un pays qui reste malgré tout la cinquième puissance économique mondiale.

 

La France croupît dans ses dérélictions : être mal aimée, aimer mal. Aucune incantation, discrimination positive, « plan Marshall » des banlieues n’apportera la solution. Elle ne viendra que d’un sursaut de vitalité de notre vieux peuple. Quand il balaiera ses doutes, réduira au silence ses composantes mortifères, renouera avec l’espérance tout redeviendra possible.

 

Mais n’est-il pas déjà trop tard ? Après plusieurs dizaines d’années d’immigration niée, la France s’est un beau matin réveillée multi-ethnique, culturelle, religieuse ; en un mot métissée. Elle ne pouvait en douter ; France Culture et France Info le lui certifiait.

 

Le premier signe de sursaut viendra avec le refus du fatalisme, souvent appelé « sens de l’histoire ». On parle sans tabou de protectionnisme économique ; pourquoi ne pas imaginer un protectionnisme culturel à l’abri duquel la France reprendra les rênes de son destin. Durant ce laps de temps, le droit du sol sera réexaminé à la seule aune de nos intérêts, comme cela fût le cas lors de son instauration.

 

Le peuple français pourra alors librement choisir. Etre un Brésil européen plus fraternel que l‘original. Opter pour un cosmopolitisme de bon aloi, plus européo-centré, enrichi de taches de couleur, dans un  style pointilliste. Préférer un centrage méditerranéen, en réussissant la fusion entre les deux bords de la Méditerranée, après avoir aplani les différences de culture et de religion.

 

Chacun de ces avenirs possibles a sa grandeur.

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